ŒUVRES ACTUELLES

Je propose d’aborder une œuvre, non pas comme un objet à regarder, mais comme une dynamique, un processus à vivre.

Ces dispositifs plongent le spectateur au sein d’expériences immersives multimédia. Les vidéos sont inspirées de la plasticité cérébrale et des techniques de la neuro-imagerie. J’explore des techniques variées comme les principes hypnotiques auxquels j‘associe des stimulations magnétiques, lumineuses et sonores, inspirées des neurosciences. Chaque individu reste maître de la situation, toujours conscient.

Une œuvre peut-elle induire de véritables états modifiés de conscience et générer des perceptions singulières? Des œuvres à voir les yeux ouverts ou à voir les yeux fermés peuvent-elles impacter notre vision intérieure?

Mon travail montre une approche expérimentale des sens visuels et auditifs. Mon projet de création prend part sous un angle artistique à l’activité des recherches menées sur la plasticité neuronale. L’objectif est de participer au cadre de ces expériences tout en faisant appel à l’expertise des neuroscientifiques. « Ces états de conscience peuvent être modifiés en fonction de cette fameuse plasticité » Pierre-Marie Lledo, « Le cerveau, la machine et l’humain », 2017.

Ma démarche artistique consiste à élargir le champ de perception de l’homme, vis à vis de lui-même et de son environnement, car l’apprentissage et la connaissance ont le pouvoir de nous transformer. Érasme « On ne naît pas homme mais on le devient ».

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 L’œuvre est conçue comme une séance, avec un sas préparatoire où la concentration tient une place importante. L’œuvre agit dans l’espace de la conscience et du subconscient. A la fin, il est possible de visionner des témoignages vidéo et de relater son propre vécu, ses ressentis générés par nos propres expériences sensorielles. La conscience verbalisée fait partie intégrante de l’œuvre.

Mon intérêt pour les environnements perceptuels de James Turrel m’a conduit à réinventer mon rapport à la lumière. Je produis moi-même des mises en scène qui invitent à l’attitude méditative avec une lumière stimulante.

Mon nspiration est nourrie des œuvres de Olafur Eliasson pour ses installations et ses expériences sensorielles, Ryoji Ikeda pour l’aspect technologique des images de data ou Jesus-Raphael Soto pour ses pénétrables. Mon travail est alimenté de ces références et s’en distingue car il intervient directement dans le champ psychique. En référence à Marcel Duchamp et sa définition du « regardeur », ce projet redéfinit la place du spectateur en « récepteur ». « Récepteur » car les œuvres sont « émettrices » d’un ensemble de fréquences. « Acteur » car la qualité de son vécu dépend de sa capacité à entrer dans le dispositif proposé.

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Mon projet est nourri de mes propres expériences. Celles-ci m’ont permis de vivre différents niveaux de conscience, à travers une pratique de la méditation et des arts énergétiques internes depuis 25 ans. Aussi je m’intéresse aux phénomènes repérables et reproductibles dans le but de construire ce projet avec des spécialistes et des neuroscientifiques.

OEUVRES ANCIENNES

Je m’intéresse à la dimension expérimentale de l’œuvre à travers des installations qui interrogent le regard en relation avec la conscience.

Le « Kaléidoscope du ciel » forme un grand œil composé de miroirs qui disséminent les reflets du spectateur dans l’immensité du ciel. Le regard parcellisé induit une conscience élargie du soi. Dans les photographies « Dianatura », le diaphragme de l’appareil photographique est une métaphore de l’iris qui prend la couleur de ce qui est observé. L’iris représente la conscience transformée par son environnement. La concentration du regard implique une conscience focalisée : observer au point de devenir la chose observée. Le regard est un « capteur ».

Certaines installations reposent sur la transformation du sens visuel en son. Dans la « Symphonie des métaux » les ondes sonores de cinq tambours sont orchestrées par le regard. Dans l’installation « De l’un à l’autre » cette flûte visuelle permet d’entendre le son du regard varier en fonction des rayons du soleil. A travers ces recherches, le regard est étudié en tant qu’« émetteur potentiel » d’une onde immatérielle et audible. Cette conception intuitive repose aujourd’hui sur des analyses neuroscientifiques liées à la découverte de la plasticité neuronale : « (…) les zones corticales spécialisées dans telle ou telle fonction sensorielle (toucher, vision, audition…) peuvent se remplacer les unes les autres ». Cf. Patrice Van Eersel, « Votre cerveau n’a pas fini de vous étonner », 2012.

Ces œuvres antérieures étaient en partie activées par des procédés électroniques avec détecteur de présence et source sonore invisible. La dimension expérientielle était donc gérée par le truchement d’un fonctionnement interne. Ces œuvres montrent les prémisses d’une recherche sur la possibilité de stimuler un sens par un autre.